Violence en ligne à l'égard des candidates aux élections présidentielle et législatives 2025
En Côte d’Ivoire, l’engagement politique des femmes se heurte à une forme de violence de plus en plus visible sur les réseaux sociaux. À l’occasion des échéances électorales de 2025-2026, une étude de l'OIDH consacrée au cyberharcèlement des femmes politiques révèle l’ampleur des attaques sexistes visant les candidates. Réalisée à partir de 189 messages hostiles ou violents publiés sur Facebook et concernant 27 candidates, dont deux à la présidentielle et 25 aux législatives, cette analyse met en évidence une tendance préoccupante : les femmes politiques sont davantage attaquées sur leur personne que sur leurs idées. Ainsi, 36 % des messages recensés remettent en cause leurs compétences et leur légitimité politique, 22 % ciblent leur apparence physique et 19 % relèvent de la moquerie et du ridicule. Plus inquiétant encore, l'étude relève des insultes personnelles, des injonctions à retourner aux tâches domestiques et des menaces à caractère sexuel.
Les résultats montrent également que 58 % des attaques proviennent de commentaires publiés sur des pages généralistes ou médiatiques, tandis que quatre candidates concentrent à elles seules 84 % des violences recensées. Derrière ces chiffres se dessine une réalité qui interroge la qualité du débat démocratique ivoirien d'autant plus que le cyberharcèlement apparaît comme un instrument de délégitimation susceptible de décourager la participation des femmes à la vie politique. Au-delà du constat, l'étude propose des pistes d'action à l'intention des pouvoirs publics, des partis politiques, des médias et de la société civile pour prévenir ces violences et garantir aux femmes un environnement politique et numérique plus sûr et plus équitable.
Retrouvez l'ensemble des résultats, des analyses et des recommandations dans le rapport intégral de l'étude.
