Intégrité de l'information13 mai 20264 min de lecture

Manipulation de l'information et l'ingérence étrangère : L’OIDH présente son rapport sur la Côte d’Ivoire

Manipulation de l'information et l'ingérence étrangère : L’OIDH présente son rapport sur la Côte d’Ivoire
vue des participants lors de la l'activité de présentation officielle du rapport (photo DR)
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Face à la montée des manipulations de l'information et des ingérences numériques étrangères (FIMI), l'Observatoire Ivoirien des Droits de l'Homme (OIDH) a présenté, le mercredi 14 mai 2026 à Abidjan, les résultats de son étude nationale consacrée à ce phénomène émergent.

Organisée en partenariat avec International IDEA et avec le soutien du Canada, la rencontre a réuni des représentants des institutions publiques, des missions diplomatiques, des médias, du monde universitaire et de la société civile autour d'un même objectif : renforcer la résilience informationnelle de la Côte d'Ivoire.

Ouvrant les travaux, le Secrétaire général de l'OIDH, Brice Nioulé, a alerté sur les vulnérabilités informationnelles auxquelles le pays est confronté. Selon lui, la position stratégique de la Côte d'Ivoire en Afrique de l'Ouest en fait une cible privilégiée des opérations de manipulation de l'information et d'ingérence étrangère, comme l'ont illustré plusieurs campagnes coordonnées observées durant le cycle électoral de 2025. Il a appelé à une résilience informationnelle collective, estimant que le rapport présenté constitue avant tout un outil de dialogue destiné à fédérer les efforts des institutions, des médias et de la société civile pour préserver l'intégrité de la démocratie ivoirienne.

Prenant la parole au nom d'International IDEA, Sebastian Castellero a rappelé que la manipulation de l'information constitue aujourd'hui un défi mondial pour les démocraties. Saluant la qualité du travail conduit par l'OIDH, il a annoncé le lancement prochain d'une deuxième phase du projet, qui s'appuiera sur une conversation nationale et une vaste campagne de communication afin de renforcer durablement l'intégrité de l'information en Côte d'Ivoire.

Le Conseiller politique de l'Ambassade du Canada, Yves Duval, a, pour sa part, réaffirmé l'engagement de son pays dans la protection des processus démocratiques face aux nouvelles menaces numériques. Il a rappelé que les ingérences informationnelles concernent désormais aussi bien les démocraties émergentes que les plus anciennes, soulignant que le Canada lui-même a été confronté à ces défis lors de son cycle électoral de 2025. Pour lui, cette étude constitue un outil stratégique susceptible d'éclairer les décideurs publics et de renforcer la résilience démocratique.

Au-delà des allocutions, la rencontre a été marquée par une leçon inaugurale animée par le Professeur Dion Yodé Simplice, qui a livré une analyse approfondie des transformations de l'espace informationnel. Il a expliqué comment la viralité des contenus, la fragmentation des publics et les stratégies d'influence transnationales fragilisent désormais les démocraties. Développant le concept de Sharp Power, il a décrit une forme d'influence qui ne cherche plus à séduire mais à déstabiliser les États en exploitant leurs fractures internes.

Les participants ont ensuite découvert les principaux enseignements du rapport de l'OIDH avant de prendre part à un panel de haut niveau réunissant Blandine Angbako, experte en Éducation aux Médias et à l'Information, le Commissaire Zézé de l'ANSSI-CI et le journaliste fact-checker Suy Kahoffi. Les échanges ont mis en évidence trois priorités pour renforcer la résilience informationnelle du pays : intégrer l'éducation aux médias et à l'information dans les programmes scolaires, conduire une vaste campagne nationale de sensibilisation aux FIMI et adapter le cadre juridique aux nouvelles formes d'ingérence numérique.

À l'issue des discussions, un consensus s'est dégagé autour de l'idée que la lutte contre les manipulations de l'information ne peut reposer sur un seul acteur. Institutions publiques, médias, chercheurs, plateformes numériques et organisations de la société civile sont appelés à agir de manière coordonnée pour protéger l'espace informationnel ivoirien. À travers cette étude, l'OIDH entend ainsi ouvrir un dialogue national sur les réponses à apporter aux FIMI et contribuer à la consolidation d'une démocratie plus résiliente face aux défis du numérique.

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